"Que des beaux souvenirs avec Fleury"

Entretien avec Maakan Tounkara

 

Le communiqué du Fleury Loiret Handball : cliquez ici

 

Maakan, c’est donc définitivement l’heure de refermer la belle page que tu as écrite en tant que handballeuse professionnelle ?

"Oui, c’est fini ! Avec un peu d’avance sur ce que j’avais prévu, mais un heureux événement m’attend donc je suis contente !"

 

Quelles réflexions t’ont amenée à cette décision ?

"J’avais décidé il y a un an que la saison 2015-16 serait ma dernière. Les efforts sont importants pour rester au niveau, je n’avais pas envie de faire l’année de trop. Je ne m’attendais pas à cette grossesse, elle a donc précipité mon arrêt. Dans un sens, ça m’évitera les pleurs à la fin, ça m’évitera de penser au dernier match, cela me permet aussi de repartir immédiatement sur un autre objectif, sans passer par la case « tristesse » !"

 

« La chance de faire de notre passion un métier, il ne faut jamais l'oublier. »

 

Dans quel état d’esprit te trouves-tu aujourd’hui ? 

"Je me sens bien ! Le stress est moins important et les questions moins nombreuses lorsque tu décides de ton arrêt. Cette partie de ma vie aura été géniale, mais à un moment il faut savoir passer au chapitre suivant."  

 

Il y a 22 ans, tu intégrais le club de ta ville natale, à Epernay. Si l’on t’avait présenté à ce moment-là toutes les années qui viennent de s’écouler…

"J’aurai répondu « impossible » ! Trop de sacrifices, trop d’efforts ! Au final, tu ne vois pas passer les années, parce que tu t’amuses, tu prends du plaisir, même si cela est devenu au fil du temps mon métier ! Nous avons la chance de faire de notre passion un métier, il ne faut jamais l’oublier."

 

« Le Havre, le club des premières. »

 

Epernay, Metz, Saint-Cyr, Le Havre, que retiens-tu de chacune de ces histoires ?

"Epernay, ma ville natale, la ville où j’ai grandi, le club de mes débuts. C’est là que tout a commencé, avec mes copines du quartier ! 

Metz, j’y suis arrivée jeune, j’y ai grandi, je me suis fait de nouvelles copines qui, au fil des années, sont devenues mes amies. J’ai beaucoup appris sur moi-même là-bas, car il n’est pas simple de partir de chez soi à 15 ans et de se retrouver toute seule dans une nouvelle ville.

St-Cyr, le sud ! J’avais envie de voir le sud, de voir Marseille, c’est une ville qui me faisait rêver !!! C’était une belle année, j’y’ai rencontré des gens super sympas, avec qui je suis restée en contact.

Le Havre, le club des premières ! Premier match en division 1, premier titre, première sélection en équipe de France ! Je pense que je fais partie de l’histoire de ce club et j’en suis fière ! J’ai vécu de grandes saisons au Havre et j’aurai certainement pu y finir ma carrière, si le club n’avait pas connu tous ces changements lors des dernières années."

 

Après un an d’absence, tu avais fait ton retour sur les parquets avec le maillot fleuryssois en 2013, quels souvenirs en garderas-tu ?

"Que des beaux souvenirs ! Avec, en point d’orgue, le titre de champion de France, car j’ai longtemps couru après ! Lorsque j’ai coupé après Le Havre, je ne savais pas si j’allais remettre les pieds sur un terrain de handball. Sincèrement, cela ne m’aurait pas dérangé d’arrêter. J’ai décidé de suivre Fred et son projet professionnel avec le FLHB, et j’ai finalement retrouvé un an plus tard le chemin du gymnase ! Le contact est bien passé avec les filles, avec le groupe, et l’aventure collective nous a emmenées deux ans plus tard au titre de champion de France ! "

 

« Tout simplement énorme d'avoir pu réaliser ceci en deux et demi à Fleury ! »

 

Tes dernières années à Fleury t’ont permis d’étoffer un joli palmarès !

"Effectivement, ces deux ans et demi représentent un condensé de tout ce derrière quoi j’ai couru et nous avons couru au Havre ! J’ai couru après la Coupe de la Ligue (ndlr : 4 finales perdues entre 2005 et 2014), j’ai couru après le titre de champion de France (ndlr : 5 fois vice-championne entre 2006 et 2010) ! C’est tout simplement énorme d’avoir pu réaliser ceci en deux ans et demi à Fleury ! "

 

Avec en prime, une belle aventure en Ligue des Champions !

"Cela aurait effectivement pu être un gros regret de ne pas connaître cette compétition, qui est réellement à part. Tout est supérieur en Champions League : des matchs de très haut niveau tous les week-ends, la rencontre avec des grandes joueuses, l’état d’esprit et la préparation sont différents. Je ne cherche pas à dénigrer le championnat, mais en Ligue des Champions tu n’as jamais de marge et tout se paie cash ! Tu ne peux pas imaginer passer au travers d’un match pendant 10 ou 15 minutes, sinon l’addition est salée ! Tout compte en Ligue des Champions, c’est ce qui en fait une compétition exceptionnelle !"

 

« L'équipe de France ? Il n'est pas donné à tout le monde de pouvoir représenter son pays. »

 

On ne peut pas ne pas évoquer Maakan Tounkara sans parler de l’équipe de France, que conserveras-tu de ton histoire avec les Femmes de Défis ?

"Je suis contente de l’avoir vécue, même si nous n’avons peut-être pas été au bout de ce que l’on aurait pu faire ensemble. Ce fut un grand plaisir d’avoir vécu les Jeux Olympiques de Pékin en 2008, atténué par la grosse déception avec l’élimination en quart de finale. Mais j’ai tendance à ne conserver que les bons souvenirs, et je n’oublierai surtout pas qu’il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir représenter son pays."

 

Tu auras remporté une médaille avec l’équipe de France, le bronze à l’Euro 2006…

"Oui, avec un bémol puisqu’il y avait eu un changement dans l’effectif après le premier tour. Je suis restée inscrite sur les listes officielles mais n’ai pas pris part au reste de la compétition, ne suis pas montée sur le podium des récompenses et je n’ai donc pas eu l’impression de la gagner cette médaille. Mais dans la foulée, j’ai eu la chance de jouer le Mondial 2007 en France, et c’est exceptionnel de disputer une compétition internationale à domicile, puis de participer aux J.O."

 

Les J.O. à Pékin, gros souvenir ?

"C’est énorme et probablement le rêve de n’importe quel sportif ! Les émotions olympiques sont tout simplement inoubliables. Tout le monde est logé à la même enseigne dans le village olympique, avec un même objectif : décrocher une médaille ! C’est exceptionnel de côtoyer au quotidien des sportifs que tu as l’habitude de regarder à la TV, les basketteurs de NBA par exemple ! Et puis la famille France existe vraiment aux J.O., nous sommes tous ensembles pendant 3 semaines. Il n’y a qu’aux J.O. que tu te retrouves au bord des tatamis de judo ou d’une piste d’athlétisme pour encourager tes compatriotes !" 

 

« Ce qui nous attend désormais est encore plus beau. »

 

Que souhaites-tu à la nouvelle génération de l’équipe de France ?

"J’espère qu’elles vont retrouver un peu de sérénité après ces semaines d’agitation. Cela passait déjà par la qualification pour les J.O. 2016, chose faite depuis ce week-end. Je leur souhaite d’aller accrocher à Rio la médaille que le handball féminin français attend depuis longtemps. Je leur souhaite surtout de vivre une belle aventure collective, partagée par toutes les joueuses et par le staff. Tu n’as pas le choix si tu veux remporter une médaille : il faut faire face collectivement pendant 3 semaines, sinon le risque est grand de traverser la compétition en la regardant ! Il y aura certainement des changements dans le groupe après les J.O., comme c’est le cas à chaque changement de cycle olympique, celle qui sont là actuellement doivent donc travailler fort pour se glisser dans le groupe qui se rendra à Rio. "

 

On ne peut pas non plus évoquer Maakan Tounkara sans parler de Fred Bougeant, comment vivez-vous les moments actuels ?

"Moi ça va, c’est peut-être plus dur pour lui car je pense que son ailière droite préférée lui manque !!! Je plaisante évidemment, nous sommes heureux et sommes conscients que nous avons pu partager des magnifiques moments de handball durant toutes ces années, nous nous sommes amusés et les gens qui nous côtoient de plus près le savent. Ce qui nous attend désormais est encore plus beau, donc nous sommes tout aussi heureux et l’abordons avec sérénité. "

 

Tu avais profité de ton année de coupure pour travailler ta reconversion ? 

"Oui, j’avais effectivement passé mon CAP petite enfance car je souhaite travailler à l’avenir avec les enfants. Il me reste quelques stages à valider, que je pensais réaliser dans l’année. Tout est reporté car je souhaite vivre ma grossesse tranquillement,  mais je pense que tout est clair dans ma tête pour l’après-handball."

 

« Capables de conserver notre Coupe de la Ligue. »

 

Quelles peuvent être les ambitions des Panthères sur ces derniers mois de la saison ?

"Nous sommes capables d’être compétitives sur un week-end et de conserver notre Coupe de la Ligue. La demi-finale ne sera absolument pas facile, Metz est un adversaire redoutable et très expérimenté dans cette compétition. Mais si la qualification est au bout, je ne doute pas que les filles seront à 200% pour arracher cette victoire en Finale. Je crois en elles et je serai leur première supportrice !

Pour les Play-offs, je dirais que c’est encore loin, nous ne connaissons pas encore notre adversaire, même si nous savons que nous aurons l’avantage du terrain lors de la demi-finale retour. J’espère en tout cas que la fin de saison sera belle pour un groupe qui arrive en fin de cycle, en fin de vie commune et qui voudra certainement finir de la plus belle des manières."

 

Que peut-on te souhaiter Maakan ?

"Une belle santé pour les mois à venir, puis que du bonheur et de la joie. Je tourne la page sans regrets."

 

« Fleury, des supporters attachés, des bénévoles mobilisés et des partenaires passionnés. »

 

Un mot, enfin, pour les personnes qui auront eu le plaisir de te voir avec le maillot fleuryssois et la joie de t’encourager ?

"Ce fut aussi un plaisir pour moi ! Après toutes ces années au Havre, je ne pensais pas vivre une aventure aussi intense en aussi peu de temps ! Je suis fière d’avoir contribué aux premiers titres de Fleury à haut niveau. J’ai croisé des supporters attachés, des bénévoles mobilisés et des partenaires passionnés. Tous aiment le club, je les remercie pour leur gentillesse, je suis contente d’avoir fait ce bout de chemin avec eux. Je les croise et recroiserai avec plaisir lorsque je me rendrai aux matchs !"

 

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