La saison prochaine ? On sera là !


À quelques jours de la finale du Championnat de France, qui pourrait voir les Panthères soulever leur 5e trophée en 3 ans, Jean-Pierre Gontier, Président du Fleury Loiret Handball, nous livre ses impressions sur le club et son avenir.

 

Jean-Pierre Gontier parmi les supporters du FLHB - Photo Sébastien Richard


Jean-Pierre Gontier, on entend ça et là que vous retirez votre partenariat. Est-ce que vous êtes en train de quitter le club ?

Absolument pas ! Je le réaffirme, je suis là. Les premiers mois de l’année 2016 ont été tourmentés, c’est vrai. Avec l’équipe dirigeante, on s’est posés beaucoup de questions, énormément même, dont nous n’avions pas les réponses tant les paramètres changeaient. Mais parmi toutes ces questions, il y en a une à laquelle j’ai toujours répondu de la même manière : je continue. Je suis Président de la SASP et l’un des principaux sponsors ; ce sera encore le cas la saison prochaine.
Ce qui a été dit ça et là, et que je confirme, c’est qu’en tant que partenaire financier, via les centres E.Leclerc, les choses ont changé. Entamée de longue date, la phase de cession du magasin E.Leclerc d’Olivet est maintenant terminée. J’ai passé la main depuis le 1er avril, et ne suis donc plus décisionnaire. On peut aisément comprendre que le repreneur ait besoin de toutes ses capacités financières pour son magasin, et donc que son investissement en sponsoring sera moindre que celui des années précédentes.



De l’extérieur, le grand public a du mal à comprendre que vous décidiez de réduire le budget du club, au moment même où la grande salle que vous demandez depuis des années arrive.

Il y a effectivement un projet, poussé par la ville d’Orléans, et dans lequel nous avons notre place. Mais l’échéance est encore loingtaine ; on parle de 2019. Depuis 4 ans nous avons travaillé sur plusieurs projets, sur différents sites, différents formats, différents montages financiers. Des dizaines de réunions, des centaines d’heures de travail, supportées par le club. Beaucoup de bruit, peu de prises de positions franches, des soutiens timides. Heureusement, Olivier Carré, le maire d’Orléans, a compris tout l’intérêt d’avoir un grand club, qui plus est féminin, capable de participer au rayonnement national et européen de l’agglomération d’Orléans. Je le remercie encore une fois, car en pouvant jouer nos matchs au Palais des Sports d’Orléans à partir de septembre, nous auront de meilleures capacités d’organisation et un plus grand confort de travail pour le staff et nos bénévoles.



Est-ce la déception qui vous amène à réduire le budget de l’équipe ?

Non, c’est un problème de dynamique générale. L’argent n’arrive pas par miracle. Lorsque nous avons imaginé notre projet de grand club français, j’ai décidé d’apporter une part importante du financement, avec l’objectif de lancer le club sur la voie rapide vers la réussite. Notre force et nos succès devaient pouvoir démontrer que notre plan de route fonctionnait. C’est ce qu’on a fait : 8 finales, 4 titres décrochés, un 5e en jeu dans quelques jours. Et surtout une structure saine, sans dettes. Arrivés jusqu’en Ligue des Champions, j’ai répété dans la presse ce qu’il nous fallait pour poursuivre notre dynamique : lancer un projet de grande salle, qui nous permette de programmer notre avenir. Alors que j'en parle depuis 6 ans, certains ont alors fait semblant de découvrir le problème. On s’est cru lancés sur la voie rapide ; on nous a mis un feu rouge. Le résultat ne s’est pas fait attendre : des hésitations à tous les niveaux, perte de confiance dans le groupe sportif, partenaires qui commencent à douter, des institutionnels qui ne se positionnent pas toujours clairement. Et un contexte global de réduction des subventions publiques qui ne nous aide pas.

Certains n’ont pas compris nos décisions, mais on veut surtout pas poursuivre un rêve trop grand qui soit au dessus de nos moyens financiers, et qui se solde par une banqueroute. Les exemples d’Arvor, de l’Union Bègles Bordeaux Mios Biganos ou de Nîmes -trois clubs qui ont fait faillite juste après de grands résultats sportifs- doivent inciter à la prudence.
Alors plutôt que se voiler la face en se disant que tout allait bien, avec mon staff, nous avons pris de vraies décisions de chef d’entreprise : avant toute chose, garder l’équipe debout. Ensuite, très vite, imaginer notre nouveau plan.
Le rapprochement ville-agglo est une réalité à Orléans, cette mutualisation est une force pour tous les secteurs, dont le sport professionnel. En toute logique, la compétence du sport doit revenir demain à l’agglo, ce qui représente une énorme chance pour tous les sports. Car ça veut dire que demain, tous les clubs majeurs de l'agglo vont pouvoir espérer se mesurer aux clubs des grandes villes. Le meilleur exemple, c'est ce que réussit à faire Montpellier, à la fois en foot, handball et rugby. Je suis convaincu que l'avenir s'annonce radieux. Nous avons pris les décisions nécessaires pour être dans une situation propice lorsque cet avenir deviendra concret.

Jean-Pierre Gontier présente le maillot de la saison prochaine, qui sera participatif avec tous les noms des supporters - Photo Ian Harris



Comment s’annonce l’avenir sportif dans ces conditions ?

On n'a rien fait pas hasard : notre projet s'est tracé depuis 6 ans déjà. On est passé d’équipe relégable au top 10 européen. Pour pérenniser le club, il faut voir loin. On ne prépare pas les saisons à venir en regardant le résultat du dernier match. L'anticipation est au cœur de notre projet de club. Nous ne sommes pas morts. Nous avons présenté il y a 2 semaines à la CNCG (Commission Nationale de Contrôle et de Gestion) un budget équilibré, qui sera le 4e budget de LFH. Nous serons là, et sportivement nous allons exister.


En regardant ce que vous avez accompli en 6 ans, que ressentez vous ?

Moi, je n’ai rien accompli, c’est le club qui l’a fait, ensemble. Le club est plus grand que nous, il a une histoire et un futur. Ceux qui me connaissent savent que je ne regarde pas derrière, je ne vis pas avec les regrets du passé. Je regarde vers notre avenir.


Le 4e trophée des Panhères : victoire en Coupe de la Ligue, le 27 mars 2016 - Photo Sébastien Richard

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