"Le potentiel pour remplir l'ambition d'une qualification en Play-offs"

Entretien avec Christophe Cassan

 

Au cœur de la préparation "hivernale" des Panthères, c'est l'heure d'un d’un large entretien avec l'entraîneur du Fleury Loiret Handball, Christophe Cassan, qui revient sur ces premiers mois de la saison 2016-17.

 

Il y a quatre mois et demi, l’équipe reprenait le chemin de l’entraînement sous tes ordres… Le temps passe-t-il trop vite ou trop lentement ?

" Le premier cycle en septembre est passé assez vite, avec des résultats positifs à la clé et un climat de travail restant de ce fait toujours agréable. Le temps du deuxième cycle nous apparaît plus long, avec plus d’échecs sur le plan comptable. De manière générale, le temps est toujours insuffisant, car l’effectif est jeune et a forcément besoin de beaucoup travailler. "

« Un effectif serré qui avait la volonté de bien commencer le championnat. »

 

Bien que nous ne soyons pas encore à mi-parcours en championnat, comment juges-tu ce premier bloc de compétition ? 

" Globalement positif, mais forcément mitigé car nous disposons d’un groupe de joueuses motivées et ambitieuses. Après les succès initiaux face à des adversaires directs dans la course aux Play-offs, nous avons connu la défaite face à des adversaires plus redoutables et plus performants que nous dans tous les domaines. Au cœur de ce cycle, la réaction de l’équipe à domicile face à Oldenbourg est à garder en mémoire. Enfin, le contenu du match face à Chambray est à stabiliser dans la durée. "

 

Le début de saison a été idéal pour nos Panthères…

" Nous avions fait le choix de démarrer très fort avec un effectif serré qui avait la volonté de bien commencer le championnat dans un contexte où, se sentir en danger, partir dans l’inconnu sont des facteurs pouvant générer le dépassement de soi, et c’est ce que les joueuses ont su réaliser avec courage. Nous avons pu nous appuyer sur les effets de la préparation olympique, les bases défensives solides que les bonnes performances de Julie Foggéa et Eli Chavez nous ont apportées,  et avons aussi bénéficié d’un calendrier favorable, avec un Toulon amoindri par les blessures, un Celles-sur-Belle ayant joué trois jours avant avec un effectif réduit et un Nice sous pression lors de son premier match à domicile. "

 

Comment analyses-tu ensuite les résultats plus difficiles ?

" Nous avons connu deux lourdes défaites face à Metz et à Issy Paris, dans une période marquée par trois objectifs : 

- L’intégration de certaines joueuses, avec les arrivées tardives d’Eyatne Rizo et Alena Ikhneva, le retour de blessure de Laurine Daquin et le positionnement de Bruna De Paula au poste de demi-centre ;

- Le besoin d’augmenter le temps de jeu de nos jeunes joueuses du centre de formation pour évaluer leur progrès dans un contexte de compétition ;

- L’identification des nouvelles affinités possibles pour stabiliser ensuite l’équipe et la rendre la plus performante possible ;

Cette démarche était obligatoire mais comportait des risques, que nous assumons. Le moment était propice à cela. "

« Optimiser la performance pour trouver le juste milieu. »

 

Quels enseignements tires-tu de cette période de travail ?

" Les satisfactions sont nombreuses : l’efficacité de nos joueuses confirmées et notamment Paule Baudouin, notre capacité à alterner entre les dispositifs défensifs, et notre progression en attaque, insuffisante certes, mais qui nous fait passer de 21 buts inscrits en début de saison à 27 contre Chambray-lès-Tours. Les regrets portent sur le manque de temps pour apporter rapidement de la cohérence à ce formidable potentiel qui allie originalité et spontanéité. Nous sommes l’une des équipes shootant le plus au but et disposons d’un des pourcentages de réussite les plus bas. C’est la particularité d’une jeune équipe, à nous d’optimiser la performance pour trouver le juste milieu. "

 

La Coupe d’Europe s’est arrêtée contre Oldenburg, est-ce une déception ?

" C’en est évidemment une puisque nous avons besoin d’acquérir de l’expérience et ces matchs à part en terme d’intensité nous apportent beaucoup. Même si le scénario du match retour fût difficile à digérer (ndlr : devant remonter 7 buts à l’issue du match aller, les Panthères ont compté jusqu’à 8 buts d’avance lors du match retour, pour finalement s’imposer 26-23), les joueuses ont montré que le match aller n’était qu’une étape accidentelle dans leur construction. Le succès face à une équipe qui s’est quand même ensuite imposée à Holstebro, au Danemark, fût positif. "

 

Tu n’as que très rarement eu ton effectif au complet depuis ce début de saison, avec quelles incidences ? 

" Peu nombreuses, on ne se cachera pas derrière cela car nous pouvons nous appuyer sur un groupe de 18 joueuses déterminées. Le seul impact majeur que l’on peut noter, c’est la mise en place tardive des affinités qui jouent sur notre efficacité sur le plan offensif. "

« Un équilibre complexe que nous partageons avec les joueuses, le staff, les dirigeants et nos partenaires. »

 

Alena Ikhneva et Eyatne Rizo ont intégré tardivement le groupe…

" Oui, ces arrivées tardives ont modifié la dynamique collective, car elles ont redistribué les cartes des temps de jeu. Tout le monde doit ainsi retrouver sa place au sein du groupe, et prendre conscience des rôles et des statuts de chacune. Mais la concurrence est la réalité d’une équipe professionnelle, et nous sommes convaincus que la diversité des particularités de chacune est une richesse pour le groupe. "

 

Comment gères-tu l’adéquation entre la préparation de l’avenir avec cette équipe et l’attente, malgré tout présente, d’obtenir des résultats immédiats ?  

" Au sein de notre effectif, nous avons des joueuses à statuts différents, qui cohabitent avec des contraintes bien particulières.  Les joueuses du centre de formation sont à l’Université et travaillent dur pour allier les deux projets. Les jeunes joueuses professionnelles sont assidues afin d’intégrer rapidement les éléments de langage pour bien communiquer efficacement. Les joueuses professionnelles confirmées désirent de manière légitime que l’équipe soit rapidement performante. 

Les dirigeants nous ont accordé du temps afin que l’on puisse bien préparer l’équipe à l’horizon 2018. Sa progression et ses performances sur des échéances décisives nous font fonctionner par la mise en place d’objectifs par bloc : par moment, le développement de nos jeunes joueuses est prioritaire, tandis que d’autres moments sont axés essentiellement sur la performance car l’obligation de prendre des points existe. C’est un équilibre complexe que nous partageons avec les joueuses, le staff, les dirigeants et nos partenaires. "

 

Nous sommes au cœur des 5 semaines dont tu disposes pour préparer la suite de la saison, quel est le programme ?

" Nous avons réalisé un constat précis sur les progrès à réaliser. Nous avons un fil rouge durant cette période avec le développement des capacités athlétiques des joueuses. Nous leur proposons deux blocs de cinq entraînements par semaine, avec quatre créneaux de musculation et six créneaux handball. Elles bénéficient de trois types de séances : individuelles, relationnelles et collectives. En complément, nous aurons joué un match amical au lieu de deux, après l'annulation de notre déplacement à Saint-Maur ce soir. " 

« Un potentiel incroyable pas encore bien exploité. »

 

La très mauvaise nouvelle de la semaine est la blessure de Diankenba Nianh, victime d'une rupture du tendon d'Achille...

 " Oui, Diankenba était en pleine progression et nous sommes tristes de l’arrêt brutal de sa saison. Nous comptons sur ses qualités mentales pour revenir en possession de ses moyens et participer pleinement au projet fleuryssois. "

 

La course aux Play-offs s’annonce passionnante, quelle hiérarchie dégages-tu du classement actuel de LFH ?

" Dans le haut de tableau, Metz, Brest et Issy semblent former un trio qui sera difficile à déloger du podium. L’incertitude concerne Nantes qui va devoir gérer un calendrier intense en janvier et février avec des matchs tous les trois jours en raison de sa participation en Coupe d’Europe. Toulon a montré sur la fin de cette première partie de saison toute la qualité de son effectif. Dijon et Besançon sont deux équipes confirmées avec des joueuses qui évoluent en LFH depuis quelques années. Nice et Celles-sur-Belle auront à cœur de rebondir après un début de saison difficile. Enfin, Chambray possède un effectif de qualité et se battra jusqu’au bout pour atteindre ses objectifs ambitieux.

Face à ces équipes, nous avons le potentiel pour remplir l’ambition d’une qualification en Play-offs. Les confrontations directes ont été et seront fondamentales. "

 

Un mot sur le tirage au sort de la Coupe de France, qui constituera le premier rendez-vous officiel de l’année 2017 ?

" Cette opposition entre Panthères devra nous permettre de bien débuter l’année et confirmer les progrès accumulés durant la période de préparation hivernale où les joueuses auront beaucoup travaillé, afin de faire émerger un potentiel incroyable pas encore bien exploité. "

 

Photos Stéphane Pillaud / Sportissimo

 

En continuant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies pour réaliser des mesures d'audience.
Cliquez sur 'En savoir plus' pour prendre connaissance de notre politique de confidentialité et pour paramétrer ces cookies.